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Immobilier · 6 août 2026

Vendre à Martigues en 2026 : pourquoi votre bien met plus de temps à se vendre

Panneau à vendre devant une maison de ville provençale, ruelle donnant sur le port

L'essentiel

  • Entre 2022 et 2024, le prix médian de l'appartement à Martigues est passé de 2 830 à 2 824 €/m². Stabilité totale.
  • Sur la même période, le nombre de ventes a reculé de 30 %, de 1 751 à 1 229 par an.
  • Le marché ne s'est pas effondré, il s'est figé : les vendeurs ont préféré attendre plutôt que baisser.
  • Conséquence pour un vendeur : le prix de mise en vente pèse désormais moins que le temps de commercialisation.

« Le marché s'est effondré. » C'est la phrase que nous entendons le plus souvent depuis deux ans, de la part de vendeurs comme d'acquéreurs. Les chiffres des actes signés à Martigues racontent autre chose, et cette nuance change la façon de conduire une vente.

Ce que disent les actes, pas les annonces

Nous avons repris les 4 328 ventes réellement enregistrées à Martigues entre 2022 et 2024, issues de la base des demandes de valeurs foncières que les notaires alimentent à chaque signature. Ce sont les prix inscrits dans les actes, pas les prix affichés dans les annonces.

Prix médian et volume de ventes, Martigues

Appartements. Le prix tient, le nombre de transactions décroche.

1 751 ventes 1 348 1 229 2 830 €/m² 2 971 €/m² 2 824 €/m² 2022 2023 2024

Source : base DVF, ministère de l'Économie, licence ouverte. Calcul de l'office sur les ventes 2022 à 2024.

Le prix médian n'a pas bougé de six euros en trois ans. Le volume, lui, a perdu près d'un tiers. Un marché qui baisse en volume à prix constant n'est pas un marché qui s'effondre, c'est un marché qui se bloque.

Pourquoi les prix ne baissent pas

La raison est simple et elle est psychologique autant qu'économique. Un vendeur qui a en tête la valeur de son bien en 2021 refuse de la voir baisser. Comme la plupart des ventes ne sont pas contraintes, il retire son bien du marché plutôt que d'accepter une offre inférieure. Statistiquement, le prix médian reste donc stable : les ventes qui se font sont celles où le prix a été accepté.

Cette mécanique explique un paradoxe que nous voyons chaque semaine à l'office. Un acquéreur nous dit que « rien n'a baissé », un vendeur nous dit que « plus personne n'achète ». Les deux ont raison.

Ce que cela change quand on vend

Trois conséquences concrètes.

Le délai est devenu la vraie variable

Un bien correctement estimé se vend. Un bien surestimé de 10 % ne se vend pas moins cher, il ne se vend pas du tout, et il vieillit. Or un bien qui reste affiché plusieurs mois devient suspect aux yeux des acquéreurs, qui supposent un défaut caché avant même de visiter. La décote arrive alors par le retard, pas par la négociation.

Le premier mois décide de tout

C'est pendant les quatre premières semaines qu'un bien voit passer les acquéreurs déjà en recherche, ceux qui ont un financement validé et qui comparent. Rater cette fenêtre avec un prix trop haut, c'est se retrouver ensuite face à un flux résiduel beaucoup plus faible. Baisser le prix trois mois plus tard ne rattrape pas cette audience, elle a acheté ailleurs.

La performance énergétique s'est invitée dans le prix

Les biens classés F et G subissent une décote qui n'existait pas il y a cinq ans, et les restrictions progressives à la location les ont privés d'une partie des acheteurs investisseurs. Dans un marché à volume réduit, perdre une catégorie d'acquéreurs pèse lourd.

Le conseil que nous donnons le plus souvent

Faites estimer votre bien avant de choisir votre prix d'affichage, et acceptez que l'estimation puisse contredire votre intuition. Une évaluation appuyée sur les ventes réellement comparables de votre rue, sur la période récente, coûte un rendez-vous. Un bien affiché six mois trop cher coûte une saison de vente.

Et quand on achète ?

La lecture s'inverse. Puisque les prix médians tiennent, espérer une remise de 15 % sur un bien correctement estimé n'a pas de sens. En revanche, la marge de manœuvre est réelle sur les biens en vente depuis longtemps. Le bon réflexe n'est pas de négocier au hasard, c'est de demander depuis combien de temps le bien est sur le marché et à quel prix il a été affiché initialement.

Autre point pratique souvent négligé : dans ce marché, les délais d'obtention de prêt se sont allongés. Une condition suspensive rédigée trop court expose l'acquéreur à devoir demander une prorogation, ce qui affaiblit sa position. Nous en parlons dans notre page consacrée au déroulé d'un achat immobilier.

Les écarts entre quartiers dépassent les écarts entre années

Une dernière chose, et c'est peut-être la plus utile. Sur la période, un appartement à La Couronne s'est vendu autour de 5 491 €/m² quand un appartement à Ferrières s'échangeait autour de 2 395 €/m². Un rapport de 1 à 2,3 sur la même commune, contre une variation annuelle inférieure à 5 %.

Autrement dit, savoir « comment va le marché à Martigues » est une information beaucoup moins utile que savoir ce que valent les biens de votre rue. Nous publions le détail dans notre observatoire des prix à Martigues, mis à jour à chaque nouvelle publication des données.

Vous envisagez de vendre cette année ?

Nous établissons une évaluation à partir des ventes réellement comparables, et nous vous disons franchement si votre prix cible est atteignable.

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À lire aussi : les prix de l'immobilier à Martigues, calculer les frais d'acquisition, vendre un bien issu d'une succession.